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La loi Hadopi 2 est passée au sénat, direction les députés
Certains espéraient encore qu’elle pourrait être retoquée une seconde fois par le Conseil Constitutionnel s’il était saisi. Au final, il n’en est rien. Hadopi 2 est bel et bien lancée sur les rails de la croisade antipiratage.
Sénat puis Assemblée Nationale
Le Conseil d’État a donné sa signature à ce nouveau volet de la loi Création et Internet, initié par Christine Albanel, ex-ministre de la Culture. Ce projet peut donc voguer tranquillement vers le Sénat devant lequel il sera présenté le 8 juillet prochain. Quelques jours plus tard, le 20 juillet, ce sont les députés qui auront tout le loisir de discuter ce volet Hadopi 2. Dans les faits, les juges auront désormais le droit de suspendre une connexion Internet pour contrefaçon.
La Tribune n'avait pas assez de voix
Hier la Toile s’était faite la voix du quotidien La Tribune. Le journal pointait alors du doigt un manque de séparation des pouvoirs entre le juge et l’Hadopi dans l’Hadopi 2. Second point évoqué : la trop grande diversité des peines qui peuvent aller de la simple amende à des peines de prison ferme tout en passant par la coupure de la connexion Internet.
Inscription au casier judiciaire pour les "gros"
Précisons qu’une inscription au casier judiciaire est également au programme. Michel Thiollière, rapporteur de la loi au Sénat, va proposer un amendement en commission des Affaires Culturelles pour que cette inscription ne soit appliquée qu’aux gros poissons. Une question subsiste : à partir de quand est-on un gros pirate ? 10, 100, 1000 fichiers ?
« L'affaire TF1 »
Début mai 2009, le responsable du Pôle innovation Web de TF1, Jérôme Bourreau-Guggenheim, a été licencié après avoir exprimé un avis critique sur ce projet de loi dans un courriel à sa députée, Françoise de Panafieu]. Ce courrier a été transmis par la députée au cabinet du ministère de la Culture, qui l'a transmis à son tour à la direction de TF1 (selon Le Canard enchaîné, en accusant l'auteur de la critique de « tirer contre [son] camp »). Le membre du cabinet responsable de ce dernier transfert a été suspendu pour un mois par Christine Albanel, qui a qualifié cet acte d'« erreur regrettable ». Des députés de l'opposition ont évoqué cet événement à l'Assemblée nationale lors du débat sur la loi et lors des questions au gouvernement, demandant la démission de la ministre.
Présentation en Conseil des ministres
Le 24/06/2009, le projet de loi complémentaire est présenté en Conseil des ministres par la Garde des Sceaux nouvellement nommée Michèle Alliot-Marie. Le projet "autorise les agents de la Haute autorité (HADOPI) à constater les infractions et à recueillir les observations des personnes concernées. Il permet à la justice de recourir à des procédures simplifiées par la voie d’ordonnances pénales et devant le tribunal correctionnel siégeant à juge unique. Les atteintes au droits d'auteur et droits voisins commises sur internet pourront être sanctionnées par la suspension de l'abonnement"Le Ministère de la Culture n'est plus directement impliqué.